Ta salle de sport a gagné des adhérents l’an dernier. La marge a-t-elle suivi ? Et parmi les personnes inscrites le mois dernier, combien ont déjà cessé de venir ?

Ces questions permettent d’évaluer l’activité au-delà des nouvelles inscriptions. Elles constituent aussi un point de départ pour préparer 2027 : comprendre où se perd le chiffre d’affaires, ce qui empêche les clients de poursuivre et quels investissements peuvent améliorer le fonctionnement de la salle.

Rui Pereira, Directeur Commercial & Marketing de Geometrik, était à Londres pour le HFA European Congress 2026. Parmi les données et les cas étudiés, sept thèmes se distinguent par les décisions qu’ils impliquent pour les propriétaires et les gestionnaires de salles de sport.

1. Gagner des adhérents n’a d’intérêt que si l’activité se porte mieux


Le HFA Global Report 2026 fait état d’une croissance médiane du chiffre d’affaires de 10,7 % en 2025 et d’une croissance nette médiane du nombre d’adhérents de 6,9 % parmi les exploitants interrogés. Le nombre de réponses varie selon l’indicateur : ces médianes ne permettent donc pas de calculer directement l’évolution du chiffre d’affaires par adhérent. Elles justifient toutefois d’examiner les deux mesures séparément.

Dans ta salle de sport, cette comparaison est possible et nécessaire. Si le nombre d’adhérents progresse plus vite que le chiffre d’affaires, il faut examiner l’effet des remises, des campagnes et des formules d’abonnement vendues. Si le chiffre d’affaires augmente, mais que la marge diminue, il faut identifier les coûts qui absorbent la croissance.

La capacité des locaux entre également en jeu. Une campagne peut générer des inscriptions tout en accentuant la pression sur les vestiaires, les cours et les équipements aux heures de forte affluence. Le succès commercial peut créer un problème de qualité de service.

Avant de définir ta prochaine campagne, compare le chiffre d’affaires par adhérent, la marge opérationnelle et le taux d’occupation aux heures de pointe. Cette analyse aide à déterminer si la priorité est d’attirer davantage de personnes, de revoir les tarifs ou de développer des services à plus forte valeur ajoutée.

Un programme d’entraînement en petit groupe, par exemple, doit être testé au regard de la demande qu’il suscite, de son coût de mise en œuvre et de la marge qu’il dégage. Élargir l’offre renforce l’activité lorsque des clients sont prêts à l’utiliser et à la payer.

2. La fidélisation commence quand le nouvel adhérent cherche encore à prendre ses habitudes


L’un des résultats les plus marquants du congrès provenait du Global Fitness Industry Retention Study, présenté par le Dr Paul Bedford, à partir de 12,4 millions de dossiers d’adhérents.

Selon les résultats préliminaires, 63 % des nouveaux adhérents européens venaient à la salle moins d’une fois par semaine au cours des 12 premières semaines. Passer de trois à quatre visites mensuelles était associé à une durée d’adhésion supérieure de cinq à six mois.

Il s’agit d’une association, et non de la garantie qu’une visite supplémentaire produise ce résultat. Ce constat place néanmoins la fréquence initiale au cœur du travail de fidélisation.

Prends un client qui s’inscrit, reçoit un programme et vient trois fois. Puis deux semaines passent sans qu’il revienne. Si personne ne remarque son absence, la salle perd l’occasion de comprendre ce qui a posé problème : les horaires, la difficulté de l’entraînement, le manque de confiance ou simplement une routine qui ne s’est pas encore installée.

Les 12 premières semaines nécessitent un suivi avec des responsabilités clairement attribuées. Qui vérifie si la personne est revenue ? Qui lui parle lorsque sa fréquence diminue ? Quand le programme est-il revu ?

Commence par la liste des nouveaux adhérents ayant effectué moins de quatre visites au cours du dernier mois. Les contacter pour comprendre ce qui les empêche de venir peut en apprendre davantage qu’un questionnaire envoyé au moment de la résiliation.

Analyse ensuite la fréquence en regroupant les adhérents selon leur mois d’inscription. La moyenne générale de la salle peut masquer un problème chez les clients les plus récents.

3. Toucher de nouveaux publics suppose de lever un frein concret


En France, les salles de sport comptaient environ 7,7 millions d’adhérents en 2025, soit un taux de pénétration estimé à 11 % de la population, selon les données de l’Union des entreprises Sport & Cycle reprises dans le HFA Global Report 2026. Il reste donc des publics à toucher. Mais une personne qui n’a jamais fréquenté de salle peut avoir besoin d’une proposition différente de celle qui convainc un pratiquant de changer d’établissement.

Le congrès a abordé les freins rencontrés par les personnes âgées, les femmes, les personnes disposant de moins de ressources et celles qui ont des problèmes de santé. GLL a souligné le rôle des espaces dans l’inclusion. David Lloyd et Everyone Active ont évoqué des programmes et des formations répondant à des besoins spécifiques des femmes.

Pour le gestionnaire, le travail commence par choisir un public et comprendre pourquoi il ne franchit pas encore la porte.

Une personne peut avoir du temps et les moyens financiers, mais craindre de ne pas savoir utiliser les équipements. Une autre peut vouloir commencer sans trouver de créneau compatible. Une troisième peut redouter un accompagnement inadapté à son état de santé.

Chaque frein appelle une réponse différente. Avant de lancer une campagne, échange donc avec cinq personnes du public que tu souhaites toucher et qui ne sont pas encore clientes.

Appuie-toi sur ces échanges pour tester un changement concret : une séance d’initiation, un créneau, un programme ou une façon d’accueillir les débutants. Mesure combien de personnes essaient, puis combien poursuivent. C’est cette continuité qui montre si l’offre répond au besoin.

4. Le lien avec la santé commence par les procédures de la salle


GLL a fait état d’environ 40 000 orientations médicales reçues en un an. Le contexte britannique diffère du contexte français, mais ce cas illustre l’ampleur que peut prendre la collaboration entre exercice physique et santé.

Accueillir des personnes orientées par des professionnels de santé exige une préparation. Cinq conditions ont été identifiées lors du congrès : sécurité physique et psychologique, professionnels qualifiés, équipements adaptés, suivi et critères d’orientation clairs.

Avant de rechercher un partenariat, il faut pouvoir expliquer le parcours de la personne dans la salle : qui l’accueille, quelles informations sont recueillies, qui encadre l’exercice et dans quelles situations elle doit consulter à nouveau un professionnel de santé.

Un protocole validé par des professionnels compétents rend ce parcours cohérent et précise les limites d’intervention de l’équipe. Un programme comprenant une évaluation initiale, un suivi et une réévaluation permet de concrétiser la proposition.

Pour le gestionnaire, cette préparation aide aussi à évaluer les ressources et la capacité d’accueil nécessaires. Quelle formation prévoir ? Combien de personnes l’équipe peut-elle accompagner ? Quels créneaux et équipements seront mobilisés ?

L’opportunité devient plus claire lorsque la salle peut démontrer le service qu’elle est prête à assurer.

5. La salle doit pouvoir fonctionner sans toujours attendre le propriétaire


Une réclamation reste sans réponse jusqu’à l’arrivée du propriétaire. Un changement d’horaire attend une validation pendant plusieurs jours. Le responsable de la salle identifie un problème, mais ignore s’il peut agir.

Lorsque ces situations se répètent, la dépendance au propriétaire finit par limiter le fonctionnement de l’activité.

Les cas étudiés à Londres ont apporté trois réponses complémentaires : recrutement sélectif et formation structurée chez Third Space, développement régulier des compétences managériales chez Discover Strength, et autonomie des responsables locaux chez The Gym Group.

Appliquer ces principes commence par délimiter les décisions. Que peut régler un responsable seul ? Que doit-il signaler après avoir décidé ? Qu’est-ce qui exige une autorisation préalable ?

Cette clarté doit s’accompagner d’informations. Une réunion hebdomadaire de 15 minutes sur les inscriptions, les résiliations et la fréquence de visite donne à l’équipe les repères nécessaires pour identifier les points à traiter. L’étape suivante consiste à attribuer une action et un responsable aux problèmes repérés.

Il faut aussi revenir sur ce qui a été reporté : un entretien sur la performance, un besoin de formation ou une responsabilité mal définie. Cette « dette managériale » finit par se payer en défaillances de service, en rotation du personnel et en temps passé par le propriétaire à régler les mêmes sujets.

6. Avant d’acheter des équipements, identifie les difficultés liées à l’espace


Musculation, Pilates, mobilité, longévité, récupération, fitness racing et lien social figuraient parmi les tendances discutées au congrès. Pour une salle disposant d’un espace limité, les intégrer implique de faire des choix.

Le premier critère doit être l’usage réel. Où les adhérents doivent-ils attendre ? Quelles zones restent vides ? Quelles activités ont été installées dans un lieu de passage ? Quels services souhaites-tu développer sans disposer encore des conditions adaptées ?

Ces questions permettent de distinguer trois décisions : réorganiser l’existant, remplacer des équipements ou réaménager les locaux.

Si des équipements sont disponibles, mais que les adhérents se concentrent toujours au même endroit, il peut s’agir d’un problème d’implantation. Si le service que tu souhaites développer nécessite une zone qui n’existe pas, il faudra peut-être réduire la place consacrée à une autre activité. Chaque mètre carré doit être pensé en fonction de l’offre et de la demande.

L’expérience des nouveaux visiteurs compte aussi. Demande à une personne qui ne s’est jamais entraînée d’entrer dans la salle et d’observer les 30 premières secondes. Repère-t-elle l’accueil ? Sait-elle où demander de l’aide ? A-t-elle le sentiment d’y avoir sa place ?

Chez Geometrik, nous considérons ces questions comme essentielles avant de définir une intervention. L’agencement, les équipements et les circulations doivent servir les prestations que la salle souhaite proposer. Un diagnostic zone par zone aide à orienter l’investissement vers les problèmes à résoudre.

7. L’IA peut limiter les pertes dans le suivi commercial


Selon le Wellhub Fitness Business Growth Report 2026, 82 % des exploitants interrogés ont déclaré une hausse du coût d’acquisition de clients au cours des 12 mois précédents.

Lorsque chaque contact coûte plus cher, tarder à répondre ou négliger le suivi entraîne une perte plus importante.

GymNation a présenté des agents d’intelligence artificielle capables de répondre aux demandes, de programmer des visites, de relancer les prospects et de mettre à jour les outils commerciaux. L’application la plus utile pour chaque salle dépend de l’étape qui fonctionne mal.

Si les demandes reçues le soir restent sans réponse jusqu’au lendemain après-midi, ce peut être le point de départ. Si l’équipe perd du temps à recopier des données entre plusieurs logiciels, tu peux commencer par là.

Choisis une tâche, définis quand une personne doit intervenir et mesure le résultat : délai de réponse, visites programmées, erreurs et heures économisées. Cette évaluation permet de déterminer si la technologie améliore le fonctionnement de la salle.

La présence numérique mérite aussi d’être revue. Une personne qui recherche une salle de sport via un assistant d’IA doit trouver des informations claires sur l’adresse, les horaires et les services. Tester des questions sur les salles de ton secteur peut révéler des omissions ou des informations erronées, sans garantir de futures recommandations.

Avant d’investir dans davantage de visibilité, vérifie que les informations publiques sur ta salle sont exactes et que les demandes reçues font l’objet d’un suivi.

Par où commencer en 2027 ?


Si les nouveaux adhérents cessent de venir, revois l’accompagnement initial. Si les inscriptions augmentent sans amélioration de la marge, analyse la croissance. Si l’équipe attend constamment tes décisions, clarifie son autonomie. Si tu comptes investir dans les locaux, identifie d’abord ce qui limite le service.

Choisis la priorité ayant le plus d’impact sur ta salle et définis comment tu mesureras l’amélioration.