Sujets
– Le client a changé. Le produit non

– Ce que disent les chiffres des opérateurs européens
– La France et l’opportunité inexploitée
– Ce que le membre ressent et n’oublie pas
– Le cardio libère de l’espace pour ce qui rapporte plus
– Un avertissement que peu Font
– Pour conclure

43 % des personnes qui vont en salle de sport le font principalement pour gérer leur stress.
Et la majorité des salles de sport françaises n’ont aucune zone de récupération ou de wellness pour leur répondre.

Le client a changé. Le produit non.
Le rapport mondial Les Mills 2026 (10 000 consommateurs sur cinq continents) montre que la motivation « bien-être mental » a progressé de 29 % en cinq ans.

Cela se traduit par un changement dans ce que ta salle vend et dans la comparaison que le futur adhérent fait au moment de décider.

Ton concurrent direct n’est plus seulement la salle d’à côté. C’est le studio de pilates, le groupe de running, l’appli de méditation.

N’importe quel espace qui répond au besoin de santé mentale que la salle de sport traditionnelle ignore.

Ce que disent les chiffres des opérateurs européens
La différence de revenus entre les salles avec et sans wellness structuré n’est pas marginale. Les opérateurs européens qui ont intégré des zones de récupération facturent entre deux et quatre fois plus d’abonnement que ceux qui sont restés sur les machines.

En France, le tarif médian est d’environ 35 €/mois mais les centres premium avec spa, sauna ou zones de récupération dépassent facilement les 80-100 €/mois.

« Ce que j’observe sur le terrain, c’est un marché européen en pleine évolution. Les clients ne cherchent plus seulement à s’entraîner davantage. Ils veulent aussi mieux récupérer, mieux dormir, mieux gérer leur stress et se sentir mieux au quotidien. Le wellness n’est plus un simple complément esthétique dans une salle de sport. Il devient une véritable composante du modèle économique.

Cela change profondément la manière dont les opérateurs doivent penser leurs espaces. Avoir une bonne zone d’entraînement ne suffit plus. Il faut créer une expérience plus complète, où performance, récupération, santé et bien-être fonctionnent ensemble de manière cohérente.

Les acteurs qui comprendront cette évolution dès maintenant seront les mieux placés pour se différencier, renforcer la valeur perçue de leur offre et répondre à une demande qui continuera clairement à croître dans les prochaines années. »

Rui Pereira – Directeur des opérations chez Geometrik

La France et l’opportunité inexploitée

Le marché français du fitness compte environ 5 900 salles actives et 6,2 millions d’adhérents, pour un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros : en hausse de 6,2 % sur un an (USC / Xerfi, 2025). Mais le taux de pénétration reste à seulement 10 %, contre 13 à 15 % en Allemagne ou au Royaume-Uni.

C’est l’un des plus faibles d’Europe de l’Ouest  et un signal clair : il reste beaucoup de membres à conquérir, et pour ça, il faudra proposer autre chose que ce qui existe déjà.

Ce « autre chose », les chiffres le désignent déjà. D’après l’USC, 59 % des adhérents français fréquentent leur salle plusieurs fois par semaine  avec pour objectif de garder la forme (27 %), de se détendre (19 %) ou de se faire plaisir (19 %).

Près de 40 % viennent donc principalement pour quelque chose qui n’a rien à voir avec la performance. Et l’offre de la majorité des salles ne répond pas à ça.

Ce que le membre ressent et n’oublie pas
Celui qui s’entraîne dans une salle avec sauna, jacuzzi et zone de récupération pendant quelques mois change ce qu’il considère comme acceptable. Quand il change de salle, il cherche la même chose. Et un espace qui n’a que des machines ne suffit plus.

« Je cherche une nouvelle salle près de chez moi, dans une nouvelle ville. Après avoir entraîné pendant deux ans dans un espace avec sauna, jacuzzi et piscine intérieure, le critère a changé. J’entre, je vois les machines, je vois les cours — et aucun espace ne va au-delà de ça. On ne voit pas cette intégration avec des zones de bien-être et de santé. Cette offre n’existe tout simplement pas. »
Milton Almeida – Collaborateur Geometrik

Le cardio libère de l’espace pour ce qui rapporte plus

La zone de cardio occupe entre 30 % et 45 % de la surface utile d’une salle européenne typique. L’utilisation réelle se situe entre 5 % et 15 % des heures d’ouverture.

Un tapis de course à 6 000 € ne génère pas de revenus directs : il est inclus dans l’abonnement que tu factures déjà.

Les mêmes mètres carrés avec une zone wellness vendue en add-on à 30–50 €/mois, avec une adhésion de seulement 10 % de 500 membres, génèrent entre 18 000 € et 30 000 € de revenus supplémentaires par an : sans un seul nouvel adhérent.

Un avertissement que peu font

Seulement 24 % des membres de salle de sport ont déjà utilisé l’équipement de recovery disponible dans leur club, même quand il existe.

Sans programmation, onboarding et une narration claire, n’importe quelle zone de recovery reste vide. L’espace doit être pensé pour fonctionner : flux entre zones, revêtement de sol adapté aux zones humides et sèches, acoustique.

Tout cela définit si l’investissement convertit ou s’il reste joli pour la photo.

C’est là où nous travaillons avec les salles : au point où la décision d’investissement croise ce que l’espace permet de faire.

Pour conclure

Les salles qui combleront en premier la distance entre la demande de wellness et leur offre actuelle factureront plus, retiendront plus et attireront un profil d’adhérent différent.

Celles qui restent sur les machines continueront à se battre pour le même adhérent que le low-cost a déjà conquis pour 20 € par mois.